Pratiquer avec les Gathas
Les Gathas sont de courts poèmes récités en pleine conscience, qui nous aident à revenir à l’instant présent dans notre vie quotidienne. Ils sont une manière simple et puissante de générer l’énergie de Pleine Conscience à chaque moment de la journée.
Pourquoi les utiliser ?
Dans un monde où nous sommes souvent absorbés par les regrets du passé ou les inquiétudes du futur, les Gathas nous aident à :
- nous ancrer dans le moment présent ;
- unifier corps et esprit en prêtant attention à chaque geste ;
- reconnaître les bonnes conditions de l’instant (notre souffle, la vie, la paix possible) ;
- cultiver la liberté intérieure : être libre de nos ruminations mentales.
Comment pratiquer ?
- Associe un Gatha à une activité quotidienne (ouvrir une porte, se laver, marcher, boire du thé…).
- Récite-le intérieurement (ou à voix haute si possible), en synchronisant les phrases avec ta respiration.
- Concentre-toi sur les mots, l’action, et ta respiration.
- Poursuis ensuite l’activité avec une conscience accrue.
Quel effet ?
Les Gathas transforment notre regard sur les gestes ordinaires, éveillent la gratitude et permettent de toucher un Noble Silence : celui de l’esprit libéré des préoccupations.
| Au réveil | En se levant | En descendant du lit |
| En ouvrant la fenêtre | En ouvrant le robinet | En se lavant les mains |
| En se brossant les dents | En ouvrant la fenêtre | En ouvrant le robinet |
| En ouvrant le robinet | Se brosser les dents | En ouvrant la fenêtre |
| En se lavant les pieds | En se lavant les mains | En se regardant dans le miroir |
| En souriant à sa colère | En allumant l’ordinateur | En démarrant la voiture |
| En prenant le thé | En se promenant | |
Au réveil
Me réveillant ce matin je souris.
J’ai vingt-quatre heures toutes nouvelles.
Je forme le vœu de les vivre pleinement,
En posant sur le monde les yeux de l’amour.
En se levant
Marcher sur cette terre est un miracle !
Chaque pas fait en pleine conscience me révèle
Les merveilles du Dharmakaya
En descendant du lit
Si par mégarde, je marche
Aujourd’hui sur un petit insecte,
Qu’il ne souffre pas trop et soit libéré.
Hommage au Bodhisattva de la Terre du Grand bonheur !
En ouvrant la fenêtre
Par la fenêtre je contemple le Dharmakaya
Que la vie est merveilleuse
Attentif à chaque instant,
Mon esprit est clair comme une onde limpide.
En ouvrant le robinet
L’eau descend de la source,
Du haut de la montagne.
L’eau monte de la source,
Des profondeurs de la Terre
L’eau coule miraculeusement
Je lui suis à jamais reconnaissant.e.
En se lavant les mains
L’eau coule sur mes mains.
Que j’en fasse un bon usage
Pour préserver notre précieuse planète.
En se brossant les dents
En me brossant les dents,
je fais le vœux d’embellir mes paroles.
A chaque parole juste,
Une fleur éclot dans le jardin de mon cœur.
En se rinçant la bouche
En me rinçant la bouche, mon cœur est purifié.
L’univers est parfumé de fleurs.
Les activités du corps, de la parole et de l’esprit sont apaisées.
Ma main dans celle du Bouddha, je marche sur la Terre pure.
En allant aux toilettes
Ni impur ni pur
Ni croissant ni décroissant.
Ces concepts n’existent que dans notre esprit.
La réalité de l’inter-être est inégalée.
En prenant une douche
Ni produit ni détruit
Ni avant ni après
Je reçois et transmets le miracle du Dharma
En se regardant dans le miroir
Le miroir de la pleine conscience
Reflète les quatre éléments.
La beauté vient du cœur d’où jaillit l’amour.
La beauté vient de l’esprit qui sait être vaste.
En se lavant les pieds
La paix et la joie
D’un seul doigt de pied,
La paix et la joie
De tout mon corps.
En entrant dans la salle de méditation
En entrant dans la salle de méditation,
Ma vraie nature se révèle.
Aussitôt assis,
Tous mes soucis disparaissent.
En s’asseyant
Assis sous l’arbre de la bodhi,
Mon corps est stable,
Ma pleine conscience inébranlable.
En prenant la posture assise
Dans la position du lotus
S’épanouit la fleur de l’humanité.
La fleur d’Udumbara d’autrefois
Répand encore son parfum.
En calmant sa respiration
J’inspire, je me calme.
J’expire, je souris.
Je m’établis dans le moment présent,
Unique et merveilleux.
En rectifiant la posture assise
Les sensations vont et viennent
Comme des nuages par un ciel de grand vent.
La respiration consciente est mon ancre.
En saluant un ami
Un lotus pour toi,
Bouddha en devenir.
En tenant le bol à aumônes
Le bol du Tathagata
Est entre mes mains.
Celui qui donne,
celui qui reçoit et le don
Forment une unité parfaite.
En bénissant l’offrande aux affamés
Les voies de l’Eveillé sont merveilleuses.
Sa compassion infinie
Transforme quelques grains de riz
En nourriture pour tout le monde.
En faisant l’offrande aux affamés
Grand oiseau Garuda,
Fasse que par le baume de la compassion,
Les esprits affamés dans les vastes plaines,
La mère et l’enfant mourant de faim dans le désert
Ne connaissent plus jamais la faim.
Avant de manger (les cing contemplations)
L’esprit d’éveil nous invite à manger en pleine conscience,
Conscients de la communauté de pratique et de la nourriture.
Chers amis, quand vous entendrez le son de la cloche, Veuillez pratiquer les cinq contemplations :
Cette nourriture est le don de l’univers tout entier :
De la terre, du ciel et de beaucoup de travail.
Mangeons de façon à en être dignes.
Apprenons à transformer ce qui nous empêche De manger avec modération.
Ne prenons que les aliments qui nous nourrissent
Et nous aident à vivre en bonne santé.
Nous acceptons cette nourriture avec gratitude, Pour réaliser le chemin de la compréhension et de l’amour.
En soulevant le bol vide
Ce bol est vide.
Je sais qu’il sera bientôt rempli
De nourriture précieuse.
En voyant le bol plein de nourriture
Mon bol est plein maintenant.
J’y vois la présence de l’univers tout entier
Qui contribue à ma subsistance.
Avant de manger
En soulevant le bol plein
La lutte pour la survie
Est bien ardue sur terre.
Que chaque être
Ait la nourriture qui lui est due.
En commençant à manger les quatre premières bouchées
La première bouchée :
De la joie, j’essaierai de semer autour de moi.
La deuxième bouchée :
La souffrance, je m’efforcerai de diminuer.
La troisième bouchée :
Du bonheur des autres, je me réjouirai.
La quatrième bouchée :
Les torts qu’il m’inflige, je lui pardonnerai.
En regardant le bol à nouveau vide
Mon bol est vide, Ma faim rassasiée.
Je fais le vœu de vivre
Pour le bien de tous les êtres.
En lavant le Bouddha
En lavant le Tathagata,
Je réalise tout le bonheur d’une compréhension éveillée.
Après une si longue errance dans les trois mondes , Je vois aujourd’hui ce monde de poussière
Comme le Dharmakaya lui-même.
En invitant la doche à sonner (version 1)
Corps et esprit en parfaite harmonie,
Je vous envoie mon cœur avec le son de cette cloche.
Que tous ceux qui m’entendent sortent de l’oubli
Et transcendent toute anxiété et douleur.
En invitant la doche à sonner (version 2)
Que le son de cette cloche pénètre profondément dans le cosmos,
Même les régions lointaines dominées par la peur et les ténèbres.
Que tous les êtres vivants qui nous entendent
Sortent de leur monde d’oubli, d’anxiété et de souffrance.
Qu’ils se libèrent et touchent la paix qui est là dans leur cœur.
Namo Shakyamunaye Buddhaya.
En invitant la doche à sonner (version 3)
Que le son de cette cloche pénètre profondément dans le cosmos, Même les régions lointaines dominées par la peur et les ténèbres.
Que tous les êtres vivants puissent entendre la voix de l’Éveillé.
Que toute affliction cesse dans leur âme.
Que la fleur de la compréhension éclose dans leur cœur Et que tous transcendent la souffrance et la mort.
Namo Shakyamunaye Buddhaya.
En écoutant la doche (version 1)
J’écoute, j’écoute.
Ce son merveilleux
Me ramène à ma vraie demeure.
En écoutant la doche (version 2)
Au son de la cloche,
Je sens que les afflictions en moi commencent à se dissoudre.
Mon esprit est calme, mon corps détendu.
Un sourire naît sur mes lèvres.
Me concentrant sur le son de la cloche,
Ma respiration consciente me ramène à ma vraie demeure.
Dans le jardin de mon cœur, la paix éclot comme une fleur.
Namo Shakyamunaye Buddhaya.
En écoutant la coche (version 3)
En écoutant la cloche,
Je transforme toutes les afflictions en moi.
Mon cœur est calme et mon esprit apaisé.
Je ne suis plus lié à rien.
J’apprends à écouter ma souffrance
Et la souffrance d’autrui.
Quand la compréhension est née en moi,
La compassion est déjà là.
Méditation du matin
Le Dharmakaya nous apporte la lumière du jour.
Assis tranquillement, je souris, le cœur en paix.
Une nouvelle journée commence.
Je suis déterminé à la vivre en pleine conscience.
Bientôt le soleil de la sagesse brillera partout.
Sœurs et frères, établissez-vous dans la méditation.
Namo Shakyamunaye Buddhaya. (Trois fois.)
Méditation du soir
Assis au pied de l’arbre de la bodhi
Je garde le dos bien droit et ma posture est stable.
Corps, paroles et esprit purifiés,
Il n’y a plus de pensée de bien ou de mal.
La pleine conscience éclaire les cinq skandhas.
Le visage originel sera trouvé,
Laissant derrière la rive de l’illusion.
Sœurs et frères, établissez-vous dans la méditation.
Namo Shakyamunaye Buddhaya. (Trois fois.)
Impermanence
Le jour finit, Notre vie s’enfuit.
Regardons profondément.
Qu’avons-nous fait
De tout ce temps passé?
Avec diligence,
Pratiquant de tout notre être,
Vivant pleinement chaque instant,
Libérons-nous de toute souffrance.
Conscients de l’impermanence,
Ne laissons pas notre vie s’écouler dans l’inutilité.
Louanges au Bouddha
Le joyau du Bouddha brille infiniment.
Il a réalisé l’éveil parfait depuis une infinité de vies.
De la beauté et de la stabilité d’un Bouddha assis
Les montagnes et les rivières sont témoins.
Quelle merveille que le pic du Vautour !
Quelle lumière merveilleuse émane du troisième œil du Bouddha, Illuminant les six chemins de ténèbres !
L’assemblée des Nagas 11 sera notre prochain rendez-vous
Afin de poursuivre les enseignements et les pratiques authentiques.
Nous prenons refuge dans le Bouddha qui jamais ne cesse.
Louanges au Dharma
Le joyau du Dharma est infiniment bon,
Les précieuses paroles prononcées par le Bouddha lui-même,
Sont autant de fleurs parfumées descendues des cieux.
Le merveilleux Dharma est facile à voir.
Il a été recueilli dans trois corbeilles,
Transmises de génération en génération
Dans les dix directions,
Pour nous montrer le chemin aujourd’hui.
Nous faisons le vœu de l’étudier de tout notre cœur
Et de prendre refuge dans le Dharma qui jamais ne cesse.
Louanges à la Sangha
Le joyau de la Sangha est infiniment précieux.
Il est le champ de nombreux mérites.
Les trois robes et le bol symbolisent la liberté.
Préceptes, concentration et vision profonde « inter-sont ».
La Sangha s’établit dans la pleine conscience jour et nuit, Nous permettant de réaliser le fruit de la méditation.
D’un seul cœur, nous revenons à la Sangha Et prenons refuge dans la Sangha qui jamais ne cesse.
En respirant (version 1)
Je prends refuge en moi-même,
Une île verte sur l’océan.
Bouddha est ma pleine conscience,
Me montrant le chemin.
Dharma est ma respiration, Protégeant corps et esprit.
Je suis libre.
J’inspire, j’expire.
Fleur, fraîche.
Montagne, solide.
Eau calme, refléter.
Espace, libre.
En respirant (version 2)
J’inspire, j’expire,
Plus profond, plus doux.
Je me calme, je relâche.
Je souris, je suis libre.
Moment présent, moment merveilleux.
En respirant (version 3)
Je suis chez moi, Je suis arrivé.
Il n’y a qu’ici
Et maintenant.
Bien solide,
Vraiment libre,
Je prends refuge en moi-même.
Je suis chez moi, Je suis arrivé.
Il n’y a qu’ici
Et maintenant.
Bien solide,
Vraiment libre,
Dans la Terre pure je m’établis.
En souriant à sa colère
J’inspire, je sais que la colère m’enlaidit.
J’expire, je souris.
Je reviens en moi-même Et médite sur l’amour.
En allumant l’ordinateur
En allumant l’ordinateur,
Mon esprit touche ma conscience du tréfonds.
Je suis déterminé à transformer mes énergies d’habitude
Afin que l’amour et la compréhension puissent grandir.
En prenant la voiture
Je sais pourquoi je prends la voiture.
Je ne fais qu’un avec elle.
Si la voiture va vite, j’irai vite.
Le bonheur n’a pas de destination
Être heureux ici et maintenant
C’est le bonheur!
Lors de courts déplacements en voiture
Sachant que deux tiers des accidents
Ont lieu près du domicile, Je reste très attentif,
Même pour de petits trajets.
En regardant l’image du Bouddha avant de toucher la terre
Dans le monde de l’ainsité
Celui qui s’incline et celui devant lequel il s’incline
Sont tous deux vides d’un soi séparé.
Avec un profond respect, je m’incline devant le Bouddha La communication entre nous est parfaite.
Des Bouddhas se manifestent dans les dix directions, Dans le cosmos tout entier
Comme dans chaque joyau de la toile d’Indra.
Une infinité de moi s’incline devant une infinité de Bouddhas.
En prenant le thé
Cette tasse de thé entre mes deux mains, Est remplie de ma pleine conscience.
Mon corps et mon esprit s’établissent fermement,
Ici et maintenant.
En arrosant les plantes
Ne te crois pas coupée de tout, chère plante.
Cette eau te vient de la terre et du ciel.
Nous sommes ensemble
Depuis des temps sans commencement.
En regardant sa main
À qui est cette main
N’ayant jamais connu la mort ?
Quelqu’un est-il déjà né ?
Quelqu’un meurt-il un jour?
En prenant le téléphone
Les mots parcourent des milliers de kilomètres
Pour transmettre amour et sagesse.
Puissent mes paroles
Favoriser la compréhension mutuelle et l’amour.
Qu’elles soient pures comme des joyaux
Et belles comme des fleurs.
Le soleil et l’eau
En arrosant le jardin
Font pousser toute cette végétation.
La pluie de la compassion et de la compréhension
Peut transformer un désert aride en une vaste plaine fertile.
En pratiquant la méditation marchée
Mes pensées se dispersent dans mille directions,
Mais sur ce chemin de pratique, mon cœur est en paix.
À chaque pas se lève un vent léger.
À chaque pas éclot une fleur de lotus.
En allumant la lumière
La pleine conscience est lumière,
L’oubli est ténèbres.
La pleine conscience me rend vivant, La pleine conscience éclaire le monde.
En lavant les légumes
Dans ces légumes
Je vois un soleil vert.
Tous les dharmas contribuent À rendre la vie possible.
En jardinant
La terre nous donne la vie.
Elle nous nourrit
Et nous reprend aussi.
La naissance et la mort
Sont présentes à chaque instant.
En plantant un arbre
J’ai confiance en la terre
Et la terre a confiance en moi.
J’ai confiance dans le Bouddha Et le Bouddha a confiance en moi.
En nettoyant les sanitaires
Ah, qu’il est merveilleux De récurer, de nettoyer !
Cœur et esprit, De jour en jour,
Deviennent plus clairs.
En balayant
Comme je balaie avec soin
Le sol de l’éveil,
Un arbre de compréhension
Vient à sortir de terre.
En nettoyant la salle de méditation
Nettoyer cette salle de méditation,
Qui respire le calme et la fraîcheur
Fait naître en moi
Une joie et une énergie sans limites.
En jetant les ordures
Dans les ordures je vois la rose, Dans la rose je vois le compost.
Tout se transforme,
La vie est impermanence.
En coupant une fleur
Puis-je te cueillir, petite fleur,
Don du ciel et de la terre ?
Merci, chère bodhisativa
De nous rendre la vie si belle.
En arrangeant les fleurs
En arrangeant ces fleurs
Dans ce monde de Saha
Mon esprit est pur et apaisé.
En changeant l’eau du vase
L’eau garde la fraîcheur de la fleur
La fleur et moi ne faisons qu’un.
Quand la fleur respire, je respire
Quand la fleur sourit, je souris.
En allumant une bougie
En allumant cette bougie,
J’offre de la lumière à une infinité de Bouddhas.
Ma paix et ma joie illuminent
La face de la terre.
En regardant la télévision
L’esprit est une télévision avec des milliers de chaînes.
J’opte pour un monde calme et tranquille.
Afin que ma joie garde toujours sa fraîcheur.
En lavant la vaisselle
Il n’y a pas de différence Entre laver ce plat
Et faire la toilette
D’un bébé Bouddha.
Le profane est le sacré, L’esprit de tous les jours Est l’esprit du Bouddha.